Par la voix de son représentant permanent auprès des organisations internationales à Vienne, Mikhaïl Oulianov, la Russie a mis en garde ce lundi 8 juin contre les tentatives des États-Unis pour rallier un soutien au sein de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en faveur d’un projet de résolution, fondé sur une présentation déformée des faits concernant le programme nucléaire pacifique de l’Iran.
Dans un message publié sur X, Mikhaïl Oulianov a vivement critiqué les tentatives visant à faire porter la responsabilité de la guerre à la République islamique d’Iran qui est elle-même la victime des actes d’agression illégaux menés par les États-Unis et Israël.
« La responsabilité d’une agression et de ses conséquences ne peut être transférée de l’agresseur à la victime. Pourtant, certains États tenteront probablement de le faire durant la session actuelle du Conseil des gouverneurs de l’AIEA. Ils cherchent à inverser totalement la réalité des faits », a-t-il ajouté.
Indeed, the responsibility for aggression and its consequences can not be transferred from the perpetrator to the victim. But some states most likely will try to do that in the course of current session of the #IAEA Board of Governors. They want to put everything upside down. https://t.co/robdfy7VXS
— Mikhail Ulyanov (@Amb_Ulyanov) June 8, 2026
Ce poste a été rendu public à la suite d’informations publiées par Reuters selon lesquelles Washington font pression sur des membres du Conseil des gouverneurs de l’AIEA afin d’obtenir leur appui à un projet de résolution anti-iranien.
Selon certains rapports, le texte proposé demanderait à Téhéran de fournir à l’Agence des explications sur le sort des installations nucléaires frappées en juin 2025 par les États-Unis et le régime israélien, ainsi que sur les stocks d’uranium enrichi qui y étaient entreposés.
De son côté, la mission permanente de la République islamique d’Iran auprès des organisations internationales à Vienne a estimé que les circonstances actuelles entourant la coopération entre Téhéran et l’Agence onusienne sont la « conséquence directe » des attaques répétées et des menaces visant les installations nucléaires iraniennes placées sous garantie internationales.
Elle a aussi appelé les membres du Conseil des gouverneurs à ne pas permettre que l’AIEA soit instrumentalisée dans le but de réduire la responsabilité des auteurs des attaques contre les installations nucléaires iraniennes. Dans la foulée, elle a averti qu’« une approche coercitive et conflictuelle ne favorise pas la coopération et compromet les perspectives d’une solution diplomatique ».
Selon la mission permanente iranienne, les relations entre Téhéran et l’AIEA doivent désormais s’inscrire strictement dans le cadre de la loi adoptée par le Parlement iranien.
À rappeler que les États-Unis et le régime israélien ont lancé, en juin 2025, leur première offensive militaire illégale contre l’Iran, un conflit qui s’est prolongé durant douze jours. Une seconde offensive militaire a débuté le 28 février avant de prendre fin au début du mois d’avril, après quarante jours d’affrontements.
Au cours de ces deux guerres, les infrastructures civiles iraniennes, notamment les installations nucléaires, ont été prises pour cible, en violation flagrante du droit international et du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Téhéran affirme que la résistance de ses forces et les opérations de représailles menées contre les agresseurs ont contraint les ennemis à accepter un cessez-le-feu.
À la suite de la première guerre, le Parlement iranien a adopté à l’unanimité, en juin 2025, un projet de loi exigeant que le gouvernement suspende toute coopération avec l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU.
Conformément à cette législation, les inspecteurs de l’Agence ne sont plus autorisés à entrer en Iran tant que la sécurité des installations nucléaires et des activités nucléaires pacifiques du pays n’est pas pleinement garantie. Toute reprise d’accès demeure soumise à l’approbation du Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran.
En Iran, les autorités ont justifié cette décision en invoquant une résolution politiquement motivée de l’AIEA qui a contribué à ouvrir la voie aux agressions contre la République islamique d’Iran. Elles reprochent également à l’Agence de ne pas avoir condamné les attaques menées contre les installations nucléaires iraniennes.
En septembre 2025, l’Iran et l’AIEA étaient parvenus à un nouveau cadre de coopération. Toutefois, deux mois plus tard, Téhéran a annoncé la fin de l’accord du Caire en réaction à l’adoption d’une résolution anti-iranienne par le Conseil des gouverneurs de l’Agence.